La dernière fabrique française de bérets ouvre son magasin d'usine
Béatex, emblématique et dernière fabrique de bérets en France, située à Oloron-Sainte-Marie dans le Béarn (Pyrénées-Atlantiques dept. 64) ouvrira bientôt son entreprise au public en proposant des visites de l'atelier et lancera très prochainement son magasin d'usine
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Economie
Un magasin d'usine pour les bérets Béatex
L'emblématique fabrique de bérets se prépare à ouvrir un magasin d'usine. Son directeur fait preuve d'optimisme, en dépit des difficultés de trésorerie traversées
Béatex ouvre ses portes au public. La fabrique de bérets lance, en effet, un magasin d'usine. Il sera très prochainement possible d'y faire ses achats deux fois par semaine. Les jours ne sont pas encore fixés avec certitude.
« Les articles disponibles ne seront pas issus des collections en cours », prévient le directeur Pierre Lemoîne. « Il n'est pas possible de faire de la concurrence à mes détaillants ou aux grossistes. » Mais chacun devrait malgré tout y trouver son bonheur. Des visites sont également prévues pour les vacanciers, en lien avec l'Office du tourisme.
C'est en tout cas ce que l'on apprenait hier matin, au cours du passage d'une délégation d'élus de la communauté de communes conduite par le vice-président, Jean-Pierre Domecq.
Indicateurs favorables
Créée en 1840 et reprise depuis un an à l'issue d'une liquidation judiciaire, l'emblématique fabrique de bérets des bords du gave tente toujours d'oublier les jours difficiles d'un secteur en perte de vitesse.
Si l'on en croit Pierre Lemoîne, pourtant, tous les indicateurs sont plutôt favorables. Malgré la crise. « Nous venons de reprendre l'activité. Notre carnet de commandes est bien rempli. Nous dégageons un petit bénéficie sans avoir contracté d'emprunt. »
Béatex, c'est encore, de nos jours, une production de l'ordre de 300 000 bérets par an qui se décline sous plusieurs marques, dont Laulhère. Une quarantaine de personnes y travaille. Le savoir-faire oloronais intéresse toujours les armées de France, de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne et de Grèce. Dans la première moitié du XXe siècle, les militaires représentaient les premiers clients de l'usine. À l'époque, plus d'un million de bérets étaient fabriqués.
Vers l'export
L'objectif de Pierre Lemoîne est de conquérir de nouveaux marchés. L'export ne représente aujourd'hui que 4 % de l'activité de l'entreprise. Le développement d'une plate-forme sur le Web, la recherche de nouvelles cibles (les 15-25 ans et les 25-45 ans) et le pari de la haute couture forment autant de pistes à développer.
Béatex s'appuie sur trois stylistes pour marquer les tendances. Ainsi que sur dix modistes et trois écoles de mode. L'entreprise fabrique les bases pour Agnès B, Gauthier ou encore Sonia Rykiel.
Manque de trésorerie
Mais les problèmes de trésorerie soulevés depuis le mois de février commencent à créer des tensions. Les banques rechignent toujours à prêter de l'argent au nouveau patron. Il ne faut pas forcément y voir l'empreinte de la crise financière. Avant l'engagement de la procédure judiciaire, les banques étaient déjà accusées de ne pas jouer le jeu.
« On ne peut pas discuter », commente Pierre Lemoîne. « Toutes les garanties ont été apportées. Même la caution de la communauté de communes. Mais elles en demandent toujours davantage. L'entreprise a besoin de 200 000 euros. Les propositions qui me sont faites me pousseraient à emprunter 350 000 euros. Je ne comprends pas ce système. »
Conséquence : Béatex se retrouve avec un stock de matières premières réduit au strict minimum. La production s'organise au ralenti. Certaines machines ne tournent plus. « Mais les salariés jouent le jeu de la modulation des horaires. Dès qu'il le faut, tout le monde est prêt à faire l'effort nécessaire. » Depuis plusieurs mois, le règlement des salaires s'exécute à l'arraché.
Pierre Lemoîne dénonce, quoi qu'il en soit, le « cercle vicieux » dans lequel il est maintenu. « On ne peut pas acheter toute la laine dont on a besoin. On vient de perdre quinze jours dans la production. Cela représente un coût de 100 000 euros. Et des clients s'approvisionnent ailleurs. »
Revue de Presse - Mercredi 29 avril 2009
Article paru sur le site Sud Ouest
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