Les commerçants dijonnais préparent la riposte


Revue de Presse


Le projet Marques Avenue à Levernois différé
Les commerçants dijonnais préparent la riposte

Marques Avenue retire momentanément son dossier à Beaune. Juste un répit pour les commerçants dijonnais.
Le projet d'implantation de 88 boutiques à Levernois, près de Beaune et par conséquent, tout près de Dijon inquiète grandement les commerçants de toute l'agglomération. Certes, on apprenait en fin de semaine qu'Alain Salzman, le PDG du groupe Concept & Distribution retirait son dossier Marques Avenue de l'ordre du jour de la prochaine session de la commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) prévue le 10 mars (notre édition de samedi).
Mais on apprenait dans le même temps que ce retrait était purement tactique, puisqu'Alain Salzman considérait qu'il fallait « reprendre le temps de la concertation afin de laisser une chance à l'adhésion ».
Les forces en présence
Examinons les intérêts divergeants sur ce dossier. Dans un premier temps, le grand public sera sensible aux arguments d'Alain Salzman qui joue sur deux cordes sensibles : l'offre différenciée des 88 boutiques. La perspective d'économie, comme on peut en faire aux magasins d'usine de Troyes et l'espoir que peut constituer la promesse de 264 créations d'emplois.
Chez les élus, le député-maire de Beaune, Alain Suguenot s'est finalement positionné en tant que président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud. Après avoir prétendu ne rien connaître du dossier, il a fini par le rejeter très nettement. Pour lui, ces promesses d'emploi restent précaires. Le choix du site n'est pas judicieux géographiquement. Il ne ferait que détruire le commerce existant. En gros, ce projet n'a rien à faire aux portes de Beaune.
A l'inverse, le maire de Levernois, Serge Collavino appelle au « dialogue », en rappelant que le permis de construire sera toujours de son ressort, in fine. S'élevant contre la « pensée unique » beaunoise, il n'est pas loin de penser que Marques Avenue serait un remède contre l'érosion lente mais constante du tourisme à Beaune. Une façon pour lui, d'en appeler à la jeunesse qui consomme différemment. En fait, l'opposition entre les deux élus n'est pas exempte d'arrière-pensées politiques.
Sans le dire franchement, le président de la CCI de Beaune, Benoît de Charette est plutôt favorable à ce projet qui mériterait selon lui, plus que des réactions « à l'emporte-pièce ».
En face, on trouve le front du refus, constitué des commerçants locaux et surtout dijonnais. 89 % d'entre eux, ont signé une pétition contre ce projet. Et là, les arguments ne manquent pas.
L'avenir des centres-villes
Voici les principaux arguments des commerçants opposés à la venue de Marques Avenue.
L'uniformisation. - « Veut-on avoir des centres-villes uniformisés, avec partout, les mêmes enseignes de franchises ? », demande Frédéric Lesueur, président de Dijon je t'aime. L'offre commerciale indépendante s'amenuise. « Toutes les villes vont se ressembler. Il n'y aura plus d'identité, ni de créativité ».
La proximité. - C'est le commerce de proximité qui va souffrir, souligne l'association Dijon je t'aime qui fait référence à des études qui montrent que les clients de magasins de marque résident à proximité, pour 75 % d'entre eux. Seuls 25 % d'entre eux, résident à plus d'une heure de voiture.
Directement menacées. - Ce sont plus de 150 boutiques de textile et chaussures qui sont directement menacées.
Pas les mêmes chances. - Marques Avenue serait en capacité d'offrir des promotions toute l'année. Impossible de s'aligner pour les indépendants qui font déjà face à une croissance forte du montant des baux commerciaux.
500 emplois menacés. - Selon Dijon je t'aime, un emploi créé dans les centres de marques entraîne la suppression de 2 à 4 emplois dans les commerces traditionnels. Les 264 emplois promis pourraient faire disparaître plus de 500 emplois.
Pas comme la Toison d'Or. - Pour Daniel Exartier, la concurrence de Marques Avenue serait d'une autre nature que celle de la Toison d'Or : « La Toison d'Or a apporté une offre supplémentaire, mais dans les mêmes règles que nous, puisqu'elle ne fait pas des promotions toute l'année. Elle a attiré une partie du nord du département qui ne venait pas. On s'est adaptés et ça a resserré les liens entre nous. En compensation, on avait obtenu les parkings souterrains au centre-ville. »
Fabriqués en Asie. - « Pour avoir de tels prix, ce sont forcément des produits fabriqués en Asie et pas de la même façon. Le consommateur pense faire une affaire, mais il paye toujours trop cher », estime Daniel Exartier.
Travail le dimanche. - Marques Avenue serait située dans une zone touristique et donc obtiendrait facilement l'autorisation préfectorale du travail le dimanche.
Non-sens économique. - Alors que les grands groupes alimentaires rêvent d'installer des supérettes dans les centres-villes pour se rapprocher des clients qui ne veulent plus prendre la voiture pour faire leurs courses, cette implantation irait à contre-courant de la tendance actuelle qui est dictée par des considérations environnementales et économiques (prix de l'essence).
Franck BASSOLEIL



Revue de Presse - mardi 10 mars 2009
Article paru sur le site
Le Bien Public


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