Mensonges, emplois, et seigneurie


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Mensonges, emplois, et seigneurie

Caprice. Le magasin d’usine Marques avenue souhaite s’implanter à proximité de Beaune, et plus précisément sur la commune de Levernois. Probléme, Alain Suguenot, le duc élu de Beaune n’en veut pas.
En 2012, l’enseigne de magasins d usine Marques avenue souhaite ouvrir un nouveau centre à Beaune. “Je n ai toujours pas connaissance du dossier. Je n ai eu aucun contact. C est quand même un comble que le président de la communauté d agglo et le maire de la commune la plus importante du secteur ne soit pas au courant du dossier. J’ai eu des demandes de rendez-vous par téléphone par des intermédiaires, mais rien d autre”, dénonce déçu Alain Suguenot, le député-maire-président d agglomération-président de l hôpital-président de l UMP 21. “C est faux, s’égosille Alain Salzman, président de Marques Avenue. C’est inédit pour moi. J’ai fait quatre demandes écrites pour le rencontrer. Nous avons reçu quatre courriers de la part de monsieur Suguenot, datés du 2 juin 2008, 5 juin 2008, 30 juin 2008, et du 8 octobre 2008. “. L’entrepreneur peine à comprendre l’attitude d Alain Suguenot : “pour la réponse du 2 juin, c’est une lettre à en-tête Assemblée nationale. Dans cette derniére, il écrit : “mon emploi du temps ne permet malheureusement absolument pas de vous rencontrer ni à Paris, ni à Beaune”. Et bien sûr, sa seigneurie n a jamais reçu la moindre lettre et aurait appris l’existence du projet par la presse. “Ce sont des méthodes que l on connait bien”, vocifére Suguenot, “certains utilisent les médias dans une période de difficultés économiques, pour faire pression sur les élus.” En parlant de méthode, Serge Collavino, le maire de Levernois, commune limitrophe beaunoise où devrait s’élever le centre Marques Avenue, s’interroge sur celle de son président de communauté d’agglomération, qui ferait tout pour ralentir le projet : “ce sont des pratiques d un autre temps. C est fini les petits rois. “ Et de renchérir “si on ne pense pas comme monsieur Suguenot, on est bon à mettre à la poubelle. Je n ai pas à me faire commander. Je suis libre et mon conseil municipal aussi”. Si sur la forme l attitude du maire semble floue, sur le fond, cela n est guére mieux.
“Ce type de commerce use la voirie”
Premiére à dégainer, Olivia Leparoux, ajointe au développement économique et au tourisme à la mairie de Beaune : “Ce type de commerce entraÓne un tourisme à la journée et use la voirie” (sic). Cette élue n a pas tort. Une route, quand il y a du passage, elle s use. Mais madame Leparoux aurait pu aller plus loin : quand on vit, on peut mourir, lorsqu il pleut on peut se mouiller... “Ce n est pas cela, rectifie Alain Suguenot. Cette zone est sur la commune de Levernois, mais complétement enclavée sur des terrains de la ville de Beaune. Il va donc falloir créer des accés spécifiques aux frais des contribuables beaunois. Cela se fera au détriment d autres investissements”. Cette situation est mieux connue sous la dénomination d aménagement du territoire !
“C est l'occasion qui fait le larron”
Deuxiéme point d achoppement sur le fond : la réelle utilité de ce magasin dans ce secteur. La ville de Beaune mise avant tout sur le tourisme, or Marques avenue attirerait les potentiels visiteurs majoritairement en dehors de la ville. Enfin, d aprés Alain Suguenot : “aujourd hui, délocaliser les centres-villes comme on le faisait il y a 20 ans, cela ne me semble plus d actualité dans une commune comme la mienne où l on vient fl‚ner et prendre son temps. C est l occasion qui fait le larron. Ils ont une vitrine autoroutiére, et ils essaient de prendre l image. Je comprends leur raisonnement, mais ce n est pas le mien.” Il faut dire que Beaune est au carrefour d’un axe Sud autoroutier trés important. Calée entre l’A6, l’A31, et l’A36, la ville voit passer chaque année plus de 23 millions d automobilistes. C est d ailleurs pour cette raison que Marques avenue souhaite tant s implanter dans ce secteur. Mais Alain Suguenot n est pas le seul à s inquiéter de la cohérence de l aménagement du territoire, et de l impact sur les commerces. Ainsi, Benoit Willot, président de la branche commerce à la CGPME reste perplexe : “tout programme de développement économique est bon. Mais celui-là m inquiéte. Un magasin qui vendra des marques à des prix trés bas, préoccupe les commerÁants, notamment ceux de la galerie marchande de la Toison d Or qui seront en concurrence directe avec la proximité de l autoroute” Une réunion est d ailleurs prévue le 5 mars prochain sous l impulsion de la CGPME pour évoquer ce dossier.
Car, au-delà des prix qui seront pratiqués, un autre sujet de préoccupation alimente les conversations : l ouverture le dimanche. En effet, le site de Levernois est classé en zone touristique. C est-à-dire que Marques avenue pourra ouvrir tous les dimanches de l année. Alors que dans le mÍme temps, les commerçants du centre-ville de Dijon, par exemple, sont limités à deux ouvertures par an.
Cependant, 18 000 m≤ pour recevoir 88 boutiques, cela aura des incidences positives pour l économie. Une étude menée par l Observatoire européen des magasins d usine indique que les retombées indirectes pour Beaune s éléveraient à plus de 7 700 000 euros par an. Au niveau des emplois, Marques avenue pourrait créer 264 emplois. Mais là encore, Alain Suguenot n est pas d accord. Il le déclare d ailleurs lors d une réunion de quartier la semaine derniére : “Pour ma part, je suis pour de vrais emplois et la préservation du tissu économique existant. ª, de l audace à l état pur ! “Expliquer à des gens qui aujourd hui travaillent dans les vignes à la tâche qu ils pourront demain Ítre vendeurs dans des magasins de textile ! ils n ont pas le profil. Les jeunes femmes, aprés trente ans, c est un peu tard. Le casting correspond plus à des pôles urbains que celui de la ville de Beaune. On sait trés bien que des gens qui ont des difficultés d emploi, ont certainement des soucis pour en trouver un dans ce genre d activité “. Bref, les serfs retournez à la corvée, et arrÍtez de rÍver à une reconversion.
Pourtant, Marques avenue ne veut pas Ítre perÁu comme le prédateur tant redouté. Bien sûr, le prix des articles sera moins élevé que ce que proposent les commerÁants. Il est aussi vrai que Marques avenue attirera des milliers de visiteurs potentiels qui avant passaient à côté de Beaune sans même s y arrÍter. Aprés, c est sûr, les routes pourraient s user! .
Jérémie Demay



Revue de Presse - jeudi 26 février 2009
Article paru sur le site
La Gazette Côte d'Or


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