Alain Suguenot : « Pour moi, l’avenir n’est pas là »


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Alain Suguenot : « Pour moi, l’avenir n’est pas là »

Précision. Alain Suguenot a une position tranchée sur l’implantation de Marques avenue. Le maire de Beaune revient sur l’un des aspects de cette histoire : le terrain.

La Gazette : Serge Collavino, le maire de Levernois ne comprend pas votre position sur ce sujet…
Alain Suguenot : C’est moi qui ne le comprends pas. Levernois est une commune avec un fort potentiel touristique. On peut créer des potentialités demain. Qu’il brade sa commune comme cela au premier venu, très honnêtement, c’est plus un problème d’éthique. Nous n’avons pas la même vision des choses, c’est clair.
Ce qu’il ne comprend pas, c’est votre volonté d’ingérence dans la politique de sa commune ?
Ce n’est pas une ingérence, le territoire dont on parle fait partie d’un projet de zone d’activité commerciale de la communauté d’agglomération que je préside. Le terrain n’est pas sur Levernois. Il est à côté du péage de Beaune. Les gens sont persuadés que c’est Beaune d’ailleurs. Ce terrain est enclavé sur Beaune. Il n’existe pas d’assainissement digne de ce nom, ce qui pose des tas de problèmes.
Lesquels ?
Demain, ceux qui devront aménager les zones, ce sont les contribuables de la communauté d’agglomération que je préside. Quand Levernois dit « débrouillez-vous, j’implante qui je veux et je touche le foncier. En revanche, c’est vous qui payez. », cela ne s’appelle pas de l’ingérence, c’est l’inverse. En plus, un tiers des terrains évoqués appartiennent au CCAS de la ville de Beaune.
Pourtant, il semble que le terrain que souhaite Marques avenue est sur la commune de Levernois ?
Non, non. Quatorze hectares sont aujourd’hui concernés. Si c’est bien sur ce terrain car je ne sais même pas si c’est bien celui-là. Il existe trois propriétaires du terrain, qui sont privés. Rien n’appartient à la commune. Quand je lis dans la presse qu’il y aurait aujourd’hui six hectares pour ce projet-là, je m’aperçois qu’un hectare est pris chez nous, sans compromis de vente, sans rien. C’est pourquoi je dis que ce dossier est virtuel. J’ai peur que cela soit un dossier qu’on lance comme cela, une sorte de piège à gogos pour voir comment cela retombe. De plus, le terrain pose une autre difficulté.
Ah bon, laquelle ?
C’est l’assainissement. Nous sommes en fond de réseau, et on ne peut pas assainir. Il faut mettre en place un projet individuel d’assainissement ce qui est difficile à imaginer pour l’avenir. Alors que nous, à l’agglomération, nous avons voté un projet adopté à près de 90%, il y a maintenant quatre mois pour installer une zone haute qualité environnementale (HQE). Pour nous, c’est une vitrine importante de notre savoir-faire. La commune de Levernois a-t-elle intérêt, alors que le foncier sera le même pour elle, à implanter des structures commerciales faciles? Je reçois tous les mois des propositions de ce type-là. Chaque fois, je les refuse car pour moi l’avenir n’est pas là. Prendre de la clientèle qui existe à la Toison d’Or, c'est-à-dire déshabiller Pierre pour habiller Paul, ce n’est pas vraiment de la création. S’il existait un projet commercial imaginatif correspondant à la sensibilité du nouvel âge écologiquement responsable, je répondrais peut-être présent. Pour l’instant, je n’ai pas de dossier me permettant d’exposer un avis qui soit sur le fond et qui permettrait à Beaune de trouver, pourquoi pas, un accord.
Que craignez-vous avec Marques avenue ?
A priori, le projet devrait être pour dans quatre ans. On sait très bien que des gens gèlent des terrains. Est-ce cela que Levernois souhaite ? La période est difficile actuellement. On achète le terrain à vil prix et on le revend le triple. C’est ça, le projet ? Je ne sais pas.
Serge Collavino fait un voeu. Il aimerait que toutes les parties prenantes de ce dossier puissent se réunir autour d’une table…
Attendez voir, il va y avoir une commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), tout le monde sera autour de la table. J’ai cru comprendre que ce rendez-vous serait le 10 mars. Tout le monde sera présent, y compris les départements limitrophes puisqu’il peut y avoir des effets sur les commerces à 200 km. Il existait un dossier à Tournus qui avait été retoqué il y a un an et demi pour les mêmes raisons. J’étais solidaire, comme le maire de Chalon, pour expliquer ce que je dis pour Beaune. Car ce qui est valable pour ma ville, l’est aussi pour d’autres endroits.
Comment souhaitez-vous que ce dossier s’oriente ?
Pour l’instant, on verra. Généralement, les investisseurs et créateurs d’entreprise prennent contact avec nous, et nous disent : « on cherche des terrains », là on peut le faire. Que cela se soit fait en douce entre un privé et un promoteur immobilier, sans que l’on connaisse la finalité…En plus, on nous dit que c’est pour fin 2012. Je ne vous fais pas de dessin. Est-ce qu’on parie que la crise s’arrêtera dans deux ans et qu’ils commenceront à construire quand elle sera finie ? Si c’est pour faire une opération de spéculation immobilière, je ne suis pas dans cette logique-là. C’est vrai que j’ai peut-être une autre expérience et une déformation professionnelle. Monsieur Collavino était enseignant, alors que moi je suis avocat (rire). J’ai plus l’habitude dans ce genre d’activité. Je suis toujours un peu sceptique .
Jérémie Demay





Revue de Presse - jeudi 26 février 2009
Article paru sur le site
La Gazette Côte d'Or


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